Les animaux d’élevage ont encore désespérément besoin d’une protection juridique appropriée

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Deux canards de Pékin sauvé par la SPCA de Montréal

Le 1er janvier, plus de 50 000 canards de Pékin sont morts dans l’incendie qui a rasé un bâtiment de la ferme commerciale Canards du Lac Brome, près de Racine, au Québec. Canards du Lac Brome fait l’élevage de canards destinés à la consommation humaine. Ce cas vient rappeler que malgré l’adoption récente du projet de loi 54, la Loi visant l’amélioration de la situation juridique de l’animal, l’agriculture animale à grande échelle continue de traiter les animaux d’élevage comme de simples marchandises et que le véritable drame ici n’est pas la perte économique que le PDG de la société mentionne dans le reportage de Radio-Canada, mais bien le fait que ces êtres sensibles soient toujours contraints de vivre et de mourir dans des conditions déplorables.

Le Code civil du Québec reconnaît désormais spécifiquement les animaux comme des êtres doués de sensibilité, mais ils sont encore soumis au régime de la propriété, ce qui fait en sorte que nous assistons à un changement symbolique dans la façon dont les animaux sont considérés en vertu de notre système de droit civil sans que cela n’apporte aucun changement concret dans la manière dont ils sont traités.  En outre, même si la Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal nouvellement adoptée prévoit une meilleure protection pour certains animaux, un grand nombre de pratiques bénéficient encore d’exemptions, et ce, peu importe la cruauté qu’ils impliquent, en autant que l’industrie elle-même les considère comme généralement acceptable.  La majorité des animaux d’élevage au Québec continuent d’être victimes de souffrances physiques et psychologiques inimaginables et n’ont encore pratiquement aucune protection légale.

Les canards sont des animaux intelligents, sensibles et curieux. Ils devraient pouvoir nager, jouer et rechercher de la nourriture, autant de comportements naturels dont ils sont généralement privés dans les élevages industriels où ils sont élevés à l’intérieur, dans des conditions exiguës, sans accès à de l’eau pour nager.  L’équipe d’inspection de la SPCA de Montréal a récemment sauvé deux canards de Pékin de l’abattage. Pendant leur séjour au refuge, notre personnel et nos bénévoles ont pu être témoins du fait qu’ils avaient chacun leurs personnalités distinctes, et de comment ils ne sont pas différents des chiens et des chats que nous avons dans nos foyers. Ces canards vivent maintenant en paix au sanctuaire pour animaux de ferme Piebird, où ils sont considérés comme des individus à part entière et où ils ont la possibilité d’exprimer leurs comportements naturels.

Les animaux d’élevage ont encore désespérément besoin d’une protection juridique appropriée afin de s’assurer qu’ils ne sont pas négligés ou maltraités, en particulier lorsqu’ils sont exploités à des fins commerciales. « Nous continuons d’espérer que le ministre de l’Agriculture fera usage des pouvoirs prévus sous la nouvelle loi afin d’établir des normes de soins obligatoires  pour les animaux d’élevage », a déclaré Me Alanna Devine, directrice de la défense des animaux pour la SPCA de Montréal. « Bien que la vérité puisse être difficile à entendre, les consommateurs doivent comprendre comment leurs choix ont des répercussions directes sur la vie des animaux. Nous voulons sensibiliser le public quant aux conditions dans lesquelles les animaux vivent sur les fermes industrielles. En réduisant ou en éliminant leur consommation de produits d’origine animale, les consommateurs ont le pouvoir de réduire la souffrance des animaux d’élevage – même si la loi ne le fait pas encore. »

 

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