La SPCA de Montréal réagit au rapport du coroner concernant le décès de Christiane Vadnais

bureau_coronerMontréal, le 2 octobre 2017 – Aujourd’hui, le Bureau du coroner a publié son rapport d’investigation concernant le décès de Christiane Vadnais, tuée par un chien identifié par les médias comme étant un « pit bull » en juin 2016. L’incident tragique et hautement médiatisé a été l’élément déclencheur pour l’annonce de nouvelles mesures législatives visant certaines races de chiens aux niveaux municipal et provincial. À Montréal, l’incident a précipité l’adoption d’un nouveau règlement sur le contrôle des animaux ciblant certaines races de chiens, croisements issus de ces races et chiens présentant certaines caractéristiques morphologiques. Au niveau provincial, le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux a déposé le Projet de loi n° 128 interdisant certaines races, projet de loi qui n’a cependant pas encore été étudié en commission parlementaire. La SPCA de Montréal félicite la Bureau du coroner pour son excellent rapport qui, nous l’espérons, redonnera l’heure juste quant à l’inefficacité des mesures ciblant certaines races de chien.

Le rapport du coroner rendu public ce matin met en lumière le contexte du décès de Mme Vadnais en faisant ressortir deux éléments importants :

  • Le chien qui a tué Mme Vadnais avait un historique d’agressivité connu et avait, seulement quelques mois auparavant, attaqué deux personnes, dont une suffisamment sérieusement pour qu’elle doive être hospitalisée. Selon le rapport de police faisant état de l’incident, les autorités municipales avaient été avisées, mais il semblerait qu’aucun suivi n’ait été fait. Le Bureau du coroner s’interroge même sur la possibilité que le décès tragique de Mme Vadnais ait pu être évité si les autorités municipales avaient effectué ledit suivi;
  • Le chien était victime de négligence et était fort probablement mal socialisé, ce qui, selon le coroner, aurait produit un animal extrêmement frustré et agressif.

De plus, le rapport fait état des connaissances scientifiques actuelles en matière de comportement canin en concluant que :

  • Les chiens de toutes races peuvent être dangereux. La socialisation, l’éducation et le fait de ne pas être stérilisé sont des facteurs-clés dans le développement des comportements agressifs;
  • L’identification de la race d’un chien sur simple examen visuel n’est pas fiable, même lorsqu’effectuée par des experts;
  • La législation visant certaines races particulières est un moyen inefficace de lutter contre les morsures de chien. Aucun rapport académique ou scientifique soumis à l’examen par des pairs ne justifie ce type de mesure.

Enfin, le rapport critique le Projet de loi n° 128 proposé par le gouvernement provincial, entre autres en raison de sa composante visant des races particulières de chiens en dépit de l’absence de preuves scientifiques appuyant de telles mesures et malgré les coûts inutiles qu’une telle approche engendrerait. Le rapport conclut que toute législation visant à diminuer l’incidence de morsures de chiens doit mettre l’accent sur la responsabilisation des propriétaires de chiens et l’éducation du public et doit, au contraire, exclure des mesures visant certaines races de chiens.

« L’enquête indépendante menée par le Bureau du coroner vient appuyer ce que la SPCA de Montréal prône depuis plus d’un an, c’est-à-dire qu’une solution efficace au problème des morsures de chiens doit cibler les facteurs qui contribuent véritablement au développement de comportements agressifs, plutôt que de se baser sur des critères arbitraires comme la race ou les caractéristiques physiques » explique Me Sophie Gaillard, avocate au département de défense des animaux à la SPCA de Montréal. « Nous espérons que le gouvernement provincial suivra les recommandations émises aujourd’hui par le Bureau du coroner et procédera à une révision importante du Projet de loi n° 128, dont les dispositions interdisant certaines races de chiens sont non seulement inefficaces, mais entraîneraient la mise à mort systématique et massive des chiens dans les refuges, et ce partout au Québec. »

Cliquez ici pour en savoir plus au sujet des recommandations de la SPCA de Montréal sur une règlementation efficace et responsable en matière de chiens dangereux. Nous vous encourageons également à visiter le site www.monchienmafamille.ca afin de signer une pétition et des lettres adressées au ministre Martin Coiteux, ainsi qu’aux membres de la l’Assemblée nationale qui siègent sur la commission parlementaire chargée d’examiner le Projet de loi n° 128.

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Personne-ressource pour les médias : Anita Kapuscinska, coordonnatrice aux relations de presse, SPCA de Montréal, 514 359-5198, ou anitak@spca.com.
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