Les animaux gardés en captivité au Québec ont désespérément besoin d’une meilleure protection

captive-header-newsletterMontréal, 31 janvier 2018 – Contrairement aux autres provinces canadiennes, le Québec exclut les animaux exotiques et la majorité des animaux sauvages gardés en captivité de sa loi sur la protection des animaux. Ici, ces animaux – qu’on trouve dans les zoos, les cirques, les aquariums, les élevages et les animaleries – sont uniquement protégés par le Règlement sur les animaux en captivité (RAC), à propos duquel le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) a récemment publié des propositions de modifications. La SPCA de Montréal applaudit le MFFP de vouloir améliorer la sécurité et le bien-être de ces animaux. Toutefois, les modifications proposées ne leur offrent pas une protection réellement significative.

En 2017, le Département des enquêtes et inspections de la SPCA de Montréal a géré plusieurs dossiers impliquant près de 15 000 animaux exotiques – comme des perroquets, des chinchillas et des tortues – vivant dans des foyers ou des entreprises commerciales. En raison de la mince protection légale dont jouissent ces animaux actuellement, la plupart d’entre eux sont forcés de vivre seuls, même s’il s’agit d’animaux sociaux, dans des conditions exemptes de stimulations. Ces animaux souffrent souvent d’ennui profond, ce qui génère beaucoup de détresse chez eux; poussé à l’extrême, l’ennui peut causer plus de souffrance que la douleur physique.

Afin d’assurer sécurité et bien-être aux animaux exotiques et sauvages gardés en captivité au Québec, la SPCA de Montréal propose d’apporter les améliorations suivantes :

  • Offrir aux animaux visés par le Règlement la même protection légale que celle accordée aux autres animaux au Québec, principalement en ce qui concerne l’enrichissement, la socialisation et l’activité physique;
  • Accroître la grandeur minimale permise des cages et des enclos des animaux exotiques et sauvages gardés en captivité afin d’assurer que leurs besoins physiologiques et psychologiques soient satisfaits;
  • Interdire, ou du moins restreindre, l’utilisation d’animaux dans les cirques, comme l’ont fait d’autres provinces canadiennes, par exemple l’Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse. Certain pays, notamment la Bosnie-Herzégovine, Chypre, la Grèce et Malte, interdisent même l’utilisation de tous les animaux dans les cirques;
  • Interdire la capture et la garde en captivité de cétacés (comme les dauphins, les bélugas et les orques) et exiger des soins minimaux pour les autres mammifères marins en captivité, comme l’a fait l’Ontario;
  • Augmenter le montant des amendes et inclure la peine d’emprisonnement et l’interdiction d’avoir des animaux parmi les sanctions punitives.

« La SPCA de Montréal n’approuve pas la garde d’animaux exotiques et sauvages gardés en captivité à des fins récréatives ou de divertissement. Toutefois, le MFFP a une opportunité unique de conférer à ces animaux une protection légale qui leur assurera véritablement sécurité et bien-être », affirme Me Alanna Devine, directrice du Département de défense des animaux à la SPCA de Montréal.  « Nous demandons aux Québécois et Québécoises de s’engager en écrivant au Ministre de la Faune afin de dire clairement au gouvernement que, même si un pas dans la bonne direction a été fait, d’autres changements sont nécessaires. »

Vous pouvez aider

Jusqu’au 8 février 2018, le MFFP accueille les commentaires du public concernant le projet de règlement. La SPCA de Montréal encourage les citoyens et citoyennes à partager leurs préoccupations face aux propositions de modifications et à demander une meilleure protection pour les animaux gardés en captivité. Vous pouvez le faire en envoyant cette lettre au ministre de la Faune.

Quelques faits à propos des animaux exotiques et sauvages gardés en captivité au Québec :

  • Contrairement aux autres provinces canadiennes, le Québec exclut les animaux exotiques et sauvages gardés en captivité de sa Loi provinciale sur le bien-être et la sécurité de l’animal.
  • Actuellement, en vertu des règlements provinciaux, l’amende maximale pour les personnes reconnues coupables de cruauté ou de négligence envers ces animaux est de seulement 750 $. Les modifications proposées par le MFFP augmenteraient le montant maximal à 2 500 $ et n’incluraient ni interdiction ni restriction d’avoir des animaux par la suite. En comparaison, les sanctions possibles pour la cruauté ou la négligence envers les animaux domestiques comprennent des amendes allant jusqu’à 62 500 $ et une interdiction à vie de posséder des animaux.
  • Des centaines voire même des milliers d’animaux exotiques, tels que les perroquets et les lézards utilisés pour la reproduction, peuvent être gardés à des fins commerciales sans permis.
  • Plusieurs animaux exotiques sont forcés de vivre dans des cages et des enclos qui ne répondent pas à leurs besoins physiologiques et psychologiques.

Cliquez ici pour demander au MFFP de mieux protéger les animaux exotiques et les animaux sauvages gardés en captivité.

Crédit photo : Jo-Anne McArthur | We Animals

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Personne-ressource pour les médias : Anita Kapuscinska, coordonnatrice aux relations de presse, SPCA de Montréal, 514 359-5198, ou anitak@spca.com.

À propos de la SPCA de Montréal Fondée à Montréal en 1869, nous avons été la première organisation vouée au bien-être animal au Canada et notre mission est de :

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  • représenter leurs intérêts et assurer leur bien-être;
  • favoriser la conscientisation du public et contribuer à éveiller la compassion pour tout être vivant.

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