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La SPCA de Montréal exige une protection accrue des vaches laitières

Communiqué de presse – Pour diffusion immédiate

Montréal, le 6 janvier 2022 – Préoccupée par le fait que la nouvelle version du Code de pratiques encadrant le traitement des vaches laitières et des veaux permet encore de nombreuses pratiques fondamentalement incompatibles avec le bien-être animal, la SPCA de Montréal exige des changements en vue d’une protection accrue de ces animaux.

Publiés par le Conseil national pour les soins aux animaux d’élevage (CNSAE), les codes de pratiques constituent des lignes directrices, applicables à l’échelle nationale, indiquant aux acteurs de l’industrie les normes minimales à respecter pour le soin et la manipulation des animaux élevés pour la consommation humaine. Les codes de pratiques n’ont pas force de loi, mais reflètent le consensus au sein de l’industrie quant à ce qui est acceptable ou non en matière de bien-être animal. Les codes sont révisés périodiquement, processus lors duquel les versions préliminaires sont soumises à une consultation publique.

« Il s’est écoulé plus d’une décennie depuis la dernière révision du Code de pratiques pour les vaches laitières », explique Me Sophie Gaillard, directrice de la défense des animaux et des affaires juridiques à la SPCA de Montréal. « Étant donné l’évolution des connaissances scientifiques en matière de bien-être des animaux élevés pour la consommation, et la préoccupation grandissante de la population face aux conditions de vie de ces animaux, nous déplorons le fait que le nouveau Code de pratiques laisse de côté plusieurs des enjeux les plus importants pour améliorer la protection des vaches laitières. »

En effet, la version préliminaire du nouveau Code de pratiques pour le soin et la manipulation des bovins laitiers :

  1. Continue de permettre la stabulation entravée, c’est-à-dire garder les vaches laitières attachées à l’intérieur en permanence, de façon à les empêcher de se déplacer et même de se retourner. Cette pratique est utilisée dans 75 % des fermes canadiennes et elle est encore plus généralisée au Québec où c’est 90% des fermes qui y ont recours. Pourtant, elle empêche les vaches d’assouvir leurs besoins comportementaux les plus fondamentaux, notamment de se déplacer librement et de socialiser avec leurs congénères.
  2. Ignore complètement l’enjeu de la séparation de la mère et de son veau. Comme n’importe quel autre mammifère, pour produire du lait, la vache doitmettre au monde un petit. La pratique généralisée de l’industrie laitière consiste à séparer le veau de sa mère dès ses premières heures de vie afin de conserver le lait pour la consommation humaine. Cette séparation cause pourtant d’importantes souffrances psychologiques aux vaches ainsi qu’à leurs petits. Bien que de nombreux pays repensent leur production laitière afin de permettre une cohabitation prolongée de la mère avec son petit, et que des certifications européennes se développent dans ce domaine, le Code de pratiques demeure complètement silencieux relativement à cet enjeu.
  3. Propose un délai inacceptable pour l’implantation de nouvelles exigences cruciales pour le bien-être des veaux en ne rendant obligatoire l’hébergement des veaux en groupes qu’à partir de 2033. La norme au Canada est de retirer les veaux à leur mère dès leurs premières heures de vie et de les garder en isolation complète pendant plusieurs mois jusqu’à ce qu’ils soient envoyés à l’encan ou à l’abattoir. Les études indiquent pourtant que l’isolation des veaux leur cause un stress important, au point même de compromettre leur développement normal. Un délai de onze ans pour permettre une transition des élevages vers un hébergement en groupes est beaucoup trop long pour corriger une situation inacceptable, qui affecte la vie de centaines de milliers d’animaux chaque année.
  4. N’assure pas une protection adéquate aux vaches de réforme préalablement à leur transport vers l’abattoir. Après avoir été utilisées pour produire du lait toute leur vie, les vaches sont généralement envoyées à l’abattoir vers l’âge de cinq ans. Le Code de pratiques n’encadre pas le transport en tant que tel, mais les étapes préalables à celui-ci. La version préliminaire du nouveau Code n’exige pas que les vaches soient taries, c’est-à-dire que leur production de lait cesse, avant le transport vers l’abattoir. Actuellement, des vaches en lactation sont donc souvent transportées sur de longues distances, ce qui leur occasionne de l’inconfort et augmente le risque de complications physiques douloureuses, telles que les mammites.  Le Code devrait également interdire clairement le transport des animaux fragilisés.
  5. N’exige pas que les fermes aient systématiquement un plan d’urgence en cas de catastrophe naturelle, d’incendie ou de ralentissement de la chaîne de production. Des plans pour assurer la sécurité des animaux devraient pourtant être établis préalablement à toute situation d’urgence qui pourrait survenir en raison d’un incendie, d’une catastrophe naturelle ou autre. Ils devraient notamment comprendre des plans d’évacuation des animaux en collaboration avec les autorités compétentes ainsi que des stratégies permettant d’assurer les soins aux animaux en cas de ralentissement de la chaîne de production en raison d’un conflit de travail ou d’une urgence de santé publique, telle une pandémie.

Actuellement, près d’un million de vaches au Canada, dont plus du tiers au Québec, sont utilisées dans l’industrie laitière. « La révision du Code de pratiques représente une occasion unique pour le public de se faire entendre afin d’améliorer le bien-être des vaches et des veaux », souligne Me Gaillard. « C’est pourquoi la SPCA de Montréal invite la population à visiter son site spca.com pour savoir comment participer à la consultation en cours. »



Crédit photo : © Jo-Anne McArthur | We Animals

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Source : SPCA de Montréal

Personne-ressource pour les médias :
Anita Kapuscinska
Conseillère principale, Développement corporatif et relations avec les médias
514 359-5198
anitak@spca.com

À propos de la SPCA de Montréal – Fondée en 1869, la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (mieux connue sous le nom de SPCA de Montréal) a été la première organisation vouée au bien-être animal au Canada. Elle est aujourd’hui le plus grand organisme de protection des animaux au Québec, s’exprimant en leur nom partout où règne l’ignorance, la cruauté, l’exploitation ou la négligence.

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