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L’Ordre des médecins vétérinaires du Québec doit interdire le dégriffage

L’Ordre des médecins vétérinaires du Québec doit interdire le dégriffage

Montréal, le 2 avril 2019 – La SPCA de Montréal invite la population à se joindre à elle pour presser l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec (OMVQ) d’interdire le dégriffage des chats. Déjà plus de trente pays à travers le monde n’autorisent plus la pratique jugée cruelle et injustifiable. En 2018, la Nouvelle-Écosse, la Colombie-Britannique, Terre-Neuve-et-Labrador ainsi que l’Île-du-Prince-Édouard ont interdit cette chirurgie, et d’autres provinces, dont l’Alberta, le Manitoba et le Nouveau-Brunswick, le feront prochainement. Le Québec se joindra-t-il au mouvement?

« Au Québec aussi nous devons interdire cette chirurgie invasive et cruelle », fait valoir Élise Desaulniers, directrice générale de la SPCA de Montréal. « En 2017, la présidente de l’OMVQ, la Dre Caroline Kilsdonk, arguait que la population n’était pas prête à ce que le dégriffage soit interdit, mais cette excuse n’est pas valable », estime madame Desaulniers. C’est pourquoi la SPCA de Montréal invite la population à signifier clairement à l’OMVQ qu’elle est prête pour cette interdiction, en signant une pétition lancée aujourd’hui sur le site.

Fort consensus

Le consensus est sans équivoque. L’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) considère le dégriffage inacceptable d’un point de vue éthique, tout comme l’Association des techniciens en santé animale du Québec (ATSAQ) et l’Association des étudiants en médecine vétérinaire du Québec (AEMVQ).

D’ailleurs, de nombreuses cliniques vétérinaires refusent d’ores et déjà de pratiquer le dégriffage pour des raisons éthiques et médicales. Selon de récents sondages publiés par l’Association des médecins vétérinaires du Québec (AMVQ), 61% de tous les vétérinaires et 88% des vétérinaires de trente ans et moins croient que l’OMVQ devrait interdire le dégriffage.

Dégriffage ou amputation?

« Le terme dégriffage est trompeur, car la chirurgie en question consiste à amputer la troisième phalange de chaque doigt du chat. L’Association canadienne des médecins vétérinaires parle d’ailleurs non pas de « dégriffage », mais plutôt d’amputation partielle des doigts pour désigner cette procédure. C’est l’équivalent, pour un humain, de se faire enlever le bout des dix doigts à partir de la dernière jointure et de marcher dessus toute sa vie », précise la Dre Gabrielle Carrière, vétérinaire en chef à la SPCA de Montréal. « La chirurgie peut causer de la douleur chronique et avoir des conséquences orthopédiques et neuropathiques négatives à long terme, dont des dommages permanents aux nerfs des pattes, de la difficulté à marcher, une hypersensibilité des pattes, des douleurs lombaires, et ce, peu importe l’âge auquel elle est effectuée », détaille Dre Carrière.

Privés de leur principal moyen de défense ainsi que de la possibilité d’exprimer plusieurs comportements naturels, comme grimper et se percher en hauteur, les chats dégriffés sont plus susceptibles de développer des problèmes de comportement que leurs congénères aux griffes intactes. En effet, plusieurs études indiquent que le dégriffage est un facteur de risque significatif dans le développement de problèmes de malpropreté et d’agressivité.

La population invitée à faire pression

Afin de s’assurer que l’OMVQ se joigne aux autres ordres vétérinaires provinciaux en s’engageant à interdire le dégriffage, la SPCA de Montréal invite la population du Québec à faire pression sur l’ordre en signant une pétition lancée sur le site spca.com.

« L’interdiction du dégriffage serait la suite logique de plusieurs réformes qui ont eu lieu au Québec au cours des dernières années en matière de protection animale, dont l’adoption de la Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal, la reconnaissance des animaux comme étant des êtres sensibles ayant des impératifs biologiques dans le Code civil du Québec et l’interdiction de la coupe de la queue et de la taille des oreilles chez les chiens par l’OMVQ », explique Me Sophie Gaillard, directrice de la défense des animaux à la SPCA.

Pour la SPCA de Montréal, il est clair que l’OMVQ doit agir sans plus tarder en vue d’interdire la pratique du dégriffage au Québec.

« J’espère que l’Ordre ne nous fera pas languir et qu’il agira rapidement. D’ici là, j’invite tout le monde à signer la pétition que nous lançons aujourd’hui pour faire pression sur l’OMVQ. On ne peut pas justifier une chirurgie invasive, cruelle et non nécessaire sur la simple présomption que “la population n’est pas prête”. Avec notre pétition, nous souhaitons démontrer que cet argument, en plus de ne pas être valable, ne tient pas la route », de conclure Élise Desaulniers.

À propos de la SPCA de Montréal – Fondée en 1869, la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (mieux connue maintenant sous l’appellation SPCA de Montréal) fut la première organisation vouée au bien-être animal au Canada. Célébrant cette année ses 150 ans, elle est aujourd’hui le plus grand organisme de protection des animaux au Québec, s’exprimant en leur nom partout où règnent l’ignorance, la cruauté, l’exploitation ou la négligence. Elle gère un refuge accueillant près de 15 000 animaux annuellement, et est dotée d’un bureau des enquêtes dont les agent.es de protection animale sont chargé.es d’appliquer les dispositions du Code criminel relatives aux crimes contre les animaux, ainsi que la législation provinciale en matière de protection animale, c’est-à-dire la Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal et le Règlement sur la sécurité et le bien-être des chats et des chiens.

Illustrations | À propos de Pony – L’artiste montréalaise Gabrielle Laïla Tittley – alias PONY – s’est hissée au sommet de la scène artistique d’ici grâce à ses belles collections d’illustrations, de vêtements et d’accessoires qui explorent de façon amusante la culture pop en mêlant imagination et humour dans un parfait équilibre. Son travail, qui combine jeux de mots, couleurs vibrantes, superpositions absurdes et lignes simples, donne naissance à des images teintées d’optimisme et d’ironie, des dinosaures à la nourriture en passant par les artistes hip-hop.

Pour plus d’informations, téléchargez ce document.

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Personne-ressource pour les médias : Anita Kapuscinska, directrice des communications, SPCA de Montréal, 514 359-5198, ou anitak@spca.com.

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